top of page

En 2006, j’ai eu l’opportunité de lancer mon livre « Emmanuel en Amérique » à la librairie Flammarion du Centre Pompidou.

En plus on me laissait toute liberté pour réaliser une installation dans un espace bien visible en rez-de-chaussée.

J’y posais le mannequin qui m’avait servi aux photos ainsi qu’une peinture sensée être peinte par mon double.

Il y avait aussi un dispositif très simple avec une caméra et un écran.

Quand on passait devant on pouvait se voir dans la vitrine.

Il y avait suffisamment d’éléments visuels mystérieux pour se demander de quoi il s’agissait.



Photo 2006 Emmanuel Duprat


Pour voir si les gens étaient intéressés, je me suis positionné à quelques mètres en observateur.

Il était plutôt rare qu’instinctivement les passants s’arrêtent.

Même dans les lieux qui sont sensés attirer la réflexion des humains, ceux-ci se déplacent essentiellement compte tenu des informations qu’ils possèdent déjà.

Mon nom n’étant pas une référence massive de l’art, il ne compte pas.

Ils vont voir une exposition Matisse, par exemple, parce qu’ils connaissent déjà.

Qu’est-ce qu’ils retirent de leurs visites ?

Certainement la confirmation de leur intérêt.

Un meilleur sens critique, une meilleure sensibilité ?

J’espère.

Et puis pouvoir dire qu’on y était.

Comme on a été à Tokyo, peu importe qu’on comprenne quelque chose.


Depuis une vingtaine d’années, j’ai eu la chance de voir certaines de mes photos publiées dans des magazines.

Plus rarement des peintures et des dessins

Soit il s’agit d’un article soit d’une illustration.

Le responsable m’appelle et me demande mon autorisation.


Avec Internet que j’utilise pour mes propres publications que ce soit mon site ou Instagram ou Facebook, je ne diffuse que des travaux trop personnels pour qu’ils puissent être réutilisés commercialement.


C’est donc avec surprise qu’un jour de fin novembre dernier j’ai reçu sur mon email un article du site web

« L’Eclaireur des Alpes « avec  un dessin que j’avais publié il y a deux ans et que le directeur avait remarqué.


Le journaliste dénonçait l’utilisation des QR codes pour contrôler les déplacements pendant les Jeux Olympiques de Paris, une nouvelle étape avant une surveillance générale à la chinoise.


« Jeux Oligarchiques

Il faudra un QR code pour circuler dans Paris lors des JO de 2024. La folie ne s'arrête pas là puisque le CIO n'a retenu que la candidature de la France pour les JO d'hiver de 2030.

PASCAL CLÉROTTE »



Pierre Emmanuel Duprat QRCODE 2021


Comme j’aime bien ce site engagé, j’ai remercié le rédacteur que je ne connaissais pas.


J’avais fait ce dessin en 2021 à l’époque ou on parlait beaucoup des QR codes, la solution géniale pour tracer les individus pendant une épidémie.

Etant né dans les années 60, je n’ai pu que constater l’évolution de la société occidentale vers une surveillance individuelle de plus en plus invasive.

La surpuissance des outils numériques ouvrant la voie à tous les abus.


Un artiste dont l'existence exige la liberté se doit d'apporter un peu de vent frais dans un monde déjà bien tenté par la sécurité quoiqu’il en coûte.





  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône
artiste
Paris France
bottom of page